"Le fait associatif à l’épreuve de la dynamique sociale. Etude de cas dans la région de Skoura (Moyen Atlas, Maroc)"


AUBERT Pierre-Marie, SAIDI Mohamed Raouf (ERFI/AgroParisTech et LADYSS/Université Paris-X, France)

On assiste, depuis une dizaine d’années au Maroc, à un essor important du tissu associatif. D’un simple point de vue quantitatif, le nombre d’associations a décuplé ces quinze dernières années, touchant l’ensemble du territoire, urbain comme rural ainsi que les domaines divers de la vie et des catégories sociales. Assimiler ce développement à une émancipation de la « société civile » ou encore l’interpréter comme le signe d’une « transition démocratique » qui viendrait rompre avec un régime au passé autoritaire, nous semble cantonner le phénomène dans une perspective normative.

Notre contribution, appuyée sur un premier travail exploratoire de terrain et une réflexion engagée depuis deux ans sur la thématique de la solidarité, en général, et sur le mouvement associatif en particulier, se veut plutôt l’esquisse d’un cadre analytique. Celui-ci doit nous permettre d’explorer la manière dont, en milieu rural, le développement de ces associations est ou non un facteur de renouvellement des formes de solidarité, ces dernières étant souvent considérées comme le vecteur « moderne » d’un renouvellement des solidarités coutumières.

Notre regard se porte ainsi à la fois sur le niveau national et à un niveau très territorial, oscillant en permanence entre une analyse qui relèverait de la sociologie politique et une compréhension plus proprement socio-anthropologique des enjeux territoriaux propres à la commune de Skoura (Moyen-Atlas).

À partir d’une analyse des pratiques et du discours des militants associatifs observés à Skoura, nous mettrons en évidence l’ambiguïté d’un développement associatif, inscrit dans une double dynamique de désengagement de l’État et de construction d’un projet politique alternatif. Nous montrerons ainsi la manière dont les aspirations politiques et catégorielles des militants et le credo des réseaux et des institutions internationales (« participation », « gouvernance » et « démocratie », « développement durable »), intériorisés par les intéressés, se confrontent avec la réalité locale concrète (tribalisme, notabilité, clientélisme...).

posté le 26/10/2010


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